Le DR 650

The DR 650
En commençant à écrire ce blog, je me suis rendu compte que je ne suis pas un expert en motos. Comprenez-moi bien, j'adore rouler et j'adore mes motos custom que j'utilise tous les jours. J'adore prendre la route avec mes potes et pousser les moteurs à fond, juste pour me détendre ensuite. Je comprends ça. Mais quand j'ai besoin d'informations fiables sur les motos custom et les raisons qui nous poussent à faire ce que nous faisons, je vais à la source : M. Jennings. Pour la petite histoire, nous venons de terminer la préparation d'une Suzuki DR650, une moto de base pas comme les autres. Alors, ce matin, je l'ai appelé pour lui poser les questions que la plupart des gens n'oseraient pas poser… 10h, Sydney, Australie, mercredi matin : Lui : Allô ? Nous : Quel est votre nom complet et votre âge ? Lui : Allen Dare Jennings, et j'ai 61 ans… attendez, oui, 61 ans. Nous : Attendez une seconde, je croyais que vous vous appeliez Dare ? Lui : Attendez, qui est-ce ? Nous : C'est Tyler Mars. Lui : Tyler, j'aurais dû m'en douter. Oui, Allen est mon prénom et Dare mon deuxième prénom, qui est aussi le nom de jeune fille de ma grand-mère. Nous : Waouh, je ne savais pas ça, Dare ! Lui : Eh bien, c’est pour ça que tu poses les bonnes questions ! Nous : Merci pour ta confiance. Bon, on y va ! Nous : Tu es mélomane et tu as travaillé dans le milieu pendant un temps. Quels sont les groupes que tu écoutes en ce moment qui te plaisent, s’il y en a ? Lui : Eh bien, tu sais, je suis un grand fan de Tom Waits et un immense fan de C.C. Adcock. J’aime beaucoup son style à la fois mélancolique et drôle. C’est du blues du Sud, un peu comme dans « True Blood ». Une musique dans laquelle on peut se plonger, si je puis dire. Nous : Où étais-tu quand l’idée de Deus Ex Machina a germé ? Et quand est-ce que c'est devenu une réalité pour toi ? Lui : Eh bien, probablement vers l'an 2000, après avoir vendu Mambo. Je m'ennuyais, mais je sentais que j'avais encore quelques idées en réserve. J'aime beaucoup la culture surf, mais je trouve qu'elle se prend parfois un peu trop au sérieux. J'adore les motos et, étant un enfant des années 70, je voulais combiner les deux univers. C'est devenu réalité lorsque mon ami Rod Hundwick, qui possède déjà plusieurs magasins de motos à Sydney, m'a demandé ce que je pensais de ce qu'il faisait. Je lui ai dit que je n'aimais pas ce style de moto. Il m'a demandé de lui montrer un style que j'aimais. Alors, direction Tokyo pour admirer des motos customisées aux lignes épurées. De ce voyage est né « Deus Ex Machina ». Nous : Comment se passe la collaboration avec le légendaire D.Hump ? Lui : Eh bien, nous nous sommes rencontrés à Bali. Il préparait déjà des motos par passion sous le nom de « Hiro » et nous avons pensé qu’il serait judicieux d’unir nos forces, de travailler ensemble et d’apprendre l’un de l’autre. Et voilà comment tout a commencé. C’est génial. Nous : Et maintenant, la question que nous attendions tous : pourquoi la Suzuki DR650 ? Lui : L’idée de base s’inspirait de ce qui se faisait avec la Yamaha SR400. La DR650 est une moto simple, avec un gros moteur et un cadre robuste ; c’est probablement le plus gros monocylindre quatre temps du marché. La moto est très adaptable. Une fois tous les carénages enlevés, on découvre un cadre et un moteur parfaits pour la personnalisation. Et en plus, elle a de la puissance ! Elles sont superbes dépouillées et personnalisées à notre façon, et c'est un vrai régal de les conduire. Nous : Tu es fan de Black Sabbath ? Lui : J'ai vu Black Sabbath en 1978. J'ai aimé la musique et la mise en scène, mais je ne me considère pas comme un fan inconditionnel. Nous : Si tu pouvais boire des martinis avec n'importe qui, de qui et de quoi parleriez-vous ? Lui : (Rires) C'est une question piège. Je bois rarement des martinis, mais quand j'en bois, c'est avec toi. On parle généralement de musique et de vieux t-shirts rock'n'roll qui traînent dans le placard. Nous : Que de bons souvenirs… Nous : Quelle a été ta première moto et quelle est ta préférée aujourd'hui ? Lui : Bizarrement, c'est la même, une Harley-Davidson de 1942. Ce n'est pas celle de ma jeunesse, mais c'est le même modèle : une bécane à embrayage au pied et boîte de vitesses à changement de vitesse inversé, achetée à un petit malfrat du coin. J'ai lu le livre de Hunter S. Thompson sur son expérience avec les Hells Angels à l'époque où je vivais et travaillais à la ferme familiale. Et comme tant d'autres de ma génération qui ont vécu ou lu quelque chose qui leur a ouvert les yeux sur un nouveau monde, différent de leur quotidien… eh bien, ça a été le début pour moi, et je n'ai jamais regretté. Nous : Des conseils pour les jeunes préparateurs ou entrepreneurs ? Lui : Ce n'est pas le moyen de gagner des fortunes, mais on peut s'éclater et laisser libre cours à sa créativité. Nous : Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! On a dit tout sur la DR650, tout ce que vous vouliez savoir sans savoir à qui demander… Ah oui, une dernière chose… On a mis la main sur une Suzuki DR650 de 1997 et on l'a entièrement démontée. On a nettoyé le moteur et on lui a donné une finition noire texturée HD, un refroidisseur d'huile sur mesure et un échappement à cône inversé avec embout en alliage pour qu'on l'entende arriver. Ajout d'un réservoir et d'une selle Deus personnalisés, d'une suspension CRF, de carénages avant et arrière sur mesure, de jantes TK Black 350-18 avec pneus Heidenau, d'un filtre à air K&N, d'un compteur discret, de clignotants ronds, d'un protège-chaîne personnalisé et d'un guidon Ventura Street Tracker. Alors, la question est… ça vous plaît, les gars ? On pense que oui. On se voit dans la rue…