Tools Down With Jeremy Tagand

Tools Down avec Jeremy Tagand

Jeremy Tagand laisse son travail parler pour lui. On pourrait croire à une simple métaphore, mais quiconque a traîné plus de dix minutes dans notre Sydney Temple sait bien que ce n’est pas le cas.

Chaque jour, réglé comme une horloge, un projet en cours prend vie pour être testé sur le terrain, et tout le bureau profite du babababraaap (terme technique) de sa ou ses créations du moment.

Cette fois pourtant, on s’est glissés dans l’atelier lors d’un rare moment de calme pour écouter l’homme en personne.

Tu es chez Deus quasiment depuis le début ; qu’est-ce qui a changé dans l’univers des motos custom depuis ?

Pour commencer, la scène a énormément changé : la quantité de pièces détachées et de nouveaux composants disponibles aujourd’hui est immense. L’esprit de la customisation reste le même, mais les tendances et les styles évoluent sans cesse. Quand j’ai débuté, on visait des motos donneuses très spécifiques et des styles fortement inspirés du Japon. Aujourd’hui, je travaille sur n’importe quel modèle et n’importe quel style, selon ce qu’un client ou moi avons envie de faire. À mesure que la culture s’est développée, la variété des styles recherchés par les gens a grandi elle aussi. En plus de ça, les réseaux sociaux ont ouvert un nombre incroyable de sources d’inspiration et de comparaison.

Quel est ton véhicule du quotidien en ce moment, et comment a-t-il gagné sa place ?

Pour être honnête, je passe probablement trop de temps dans le van de l’atelier, parce qu’il est tellement pratique pour les trajets de l’école. Pas très sexy comme réponse, mais c’est la vérité !

Côté motos, j’ai la chance de pouvoir choisir parmi la poignée de projets qu’on a en cours à un moment donné, et d’une manière ou d’une autre, il y a toujours quelque chose de nouveau sur le sol de l’atelier à essayer ; ça élimine un peu le besoin de choisir une seule monture.

Quelle a été votre première moto, et quelle a été la première que vous avez construite ?

La première moto sur laquelle j’ai sauté, c’était une Kawasaki KDX 250 quand j’avais seize ans, et je l’ai aussitôt transformée en Super Motard.

Ma première vraie Custom complète, c’était la Duo SR555 Yamaha, une SR unique sous stéroïdes, avec un cadre blanc et beaucoup d’alliages polis.

J’aime à penser que j’ai fait pas mal de chemin depuis cette époque.

Qu’est-ce que les gens ignorent sur ce que tu fais ?

C’est drôle, parce qu’avec un atelier plus ou moins ouvert au public, on entend toutes sortes de questions et de remarques chaque jour ; mais ce qui surprend toujours les gens, c’est de voir cinq ou six établis chargés de motos, puis de réaliser qu’il n’y a qu’un seul gars qui travaille dessus.

Quel est l’outil le plus utile dans l’atelier ?

Je ne pense pas pouvoir répondre à ça, pour être honnête, il y a tellement d’outils, et même tellement de variations de chacun. Je vais tricher un peu et dire mes mains, parce qu’elles ont récemment subi d’assez grosses réparations, toutes les deux, et ça m’a fait mesurer à quel point elles sont utiles. Après ça, ce serait forcément la meuleuse ou le jeu de clés.

Projet rêvé ?

Ah, ça change presque tous les jours, mais en ce moment, la moto de rêve, c’est une Indian FTR1200. J’adorerais en faire une préparation rien que pour moi.

Peux-tu décrire ton style en trois mots ?

Originalité, détails, fun.

Le meilleur conseil pour les passionnés en herbe ?

D’abord, choisir l’option qui paraît moins chère finit toujours par coûter plus cher sur le long terme. Et puis, bien sûr, il y a le classique « mesurer deux fois, couper une fois », que tout le monde apprend assez vite à ses dépens.

Et enfin, quel est le secret de ton charme brut ?

Ha ! Travailler et faire ce qu’on aime le plus dans la vie, ça me donne envie de venir bosser heureux chaque jour.