Vivac

Bivouac
Nous avons baptisé cette aventure « Bivouac ». Un abri de bivouac désigne un campement improvisé, comme ceux utilisés en scoutisme ou en alpinisme. Il s'agit souvent de dormir à la belle étoile avec un sac de bivouac, mais aussi d'un abri construit avec des matériaux naturels, par exemple une structure de branches recouverte de feuilles, de fougères et autres végétaux pour l'imperméabiliser, et de litière de feuilles pour l'isoler. (Wikipedia) En camping à moto, on est limité à quelques équipements et contraint de se contenter du strict minimum. Un bivouac, c'est précisément cela : du camping dans sa forme la plus minimaliste. Nous avons vécu selon ce principe, non seulement dans notre équipement, mais aussi dans notre façon de voyager : une planification sommaire, des amis fidèles et une approche audacieuse quant à notre destination. Une aventure de six jours. Sans escale prévue. Une destination finale : Portland. En réalité, deux : Portland et le retour à Venise. Nos motos, certes modestes, n'étaient peut-être pas idéales pour ce périple, mais largement suffisantes pour parcourir les 4 000 kilomètres. Nous avons découpé ce voyage en étapes de deux jours : deux jours à l'aller, deux jours au retour, et deux jours au retour. Nathaniel Ratliff résonnait dans nos écouteurs tandis que nous prenions des routes numérotées comme la 128, la 299, la 5, la 110, la 99, la 26, et j'en passe. Mais ce n'étaient pas ces chiffres qui comptaient. Ce qui importait le plus, c'étaient les innombrables virages parfaitement asphaltés qui jalonnaient les déserts, les vignobles, les collines dorées, les séquoias et les rivages rocheux de la côte californienne et de l'Oregon. Et le chiffre cinq avait aussi son importance : il nous restait des heures avant de devoir nous resservir cette boisson énergisante immonde et ce morceau de viande séchée. Arrivés à Portland, nous avons pris contact avec nos partenaires de la vie simple en pleine nature : Thor de SEE SEE Motorcycles, et Benji et Karma de Poler, l'incroyable boutique de Thor, un passage obligé si vous êtes dans le Nord-Ouest. Ils ont invité 40 de leurs meilleurs amis motards et concocté un week-end de camping qui aurait fait pleurer de joie un bûcheron barbu. Nous avons quitté l'autoroute, zigzaguant entre des bosquets verdoyants et des champs dorés sous le ciel nuageux typique de Portland, avant de laisser place au soleil d'altitude et à des aperçus du mont Hood dans toute sa majesté. Le voyage s'est terminé par 78 virages sur une voie unique, pour un pur bonheur sur le bitume. Presque tout le monde a réussi à garder le contrôle de ses pneus, à l'exception d'une chute spectaculairement bien maîtrisée. Seuls quelques dégâts : un peu de peinture et un guidon tordu. L'emplacement du campement – ​​nous avons juré de garder le secret, alors nous ne vous donnerons que quelques indices, et peut-être le découvrirez-vous un jour – était entouré d'arbres de 30 mètres de haut, d'un feu de camp avec des brochettes à dix dents et d'un lac aux eaux miroitantes, si froides qu'elles auraient pu faire disparaître n'importe quelle gueule de bois. Le rassemblement autour du feu était tout simplement parfait : musique en continu assurée par notre ami Bill, S'mores grillés par Poler, boissons offertes par House Spirits et Black Star Brewery, dîner préparé par Deus et petit-déjeuner par Stumptown. L'équipe de Poler a mis en pratique ses conseils en photographiant leurs nouveaux produits sur le terrain, et l'équipe de SEE SEE a prouvé son talent pour griller des marshmallows et boire du whisky. L'ambiance était au rendez-vous. Le lendemain matin, un démarrage un peu lent a été vite réglé par quelques « bières au café » et des « omelettes mousseuses ». Un itinéraire de retour différent, digne de Thor, nous a menés à Portland. Au programme : rochers, lignes à haute tension… Là, une dernière nuit de repos avec nos meilleurs amis, anciens et nouveaux. Un petit détour chez nos amis de West America pour jeter un œil à l'avancement de leur future aventure, puis un écroulement de fatigue sous les étoiles dans le jardin d'un ami. Un dernier café, typique de Portland, au petit matin, et nous voilà repartis pour San Francisco, direction Venice. Un dernier coup de volant et retour à la maison, direction Venice. Photo souvenir devant le magasin, prise juste avant la seule victime du voyage : le télémètre Olympus XA de Nevin. Du bon temps, tout simplement, entre amis, sur deux roues. On a appelé cette aventure « Bivouac ». Musique : Nathaniel Rateliff, A Lamb on the Stone nathanielrateliff.com/