La balade des gentlemen distingués, version balinaise.

The Distinguished Gentlemen's Ride, Bali style.
Bali est un lieu exceptionnel pour participer au Distinguished Gentlemen’s Ride, et ce pour plusieurs raisons. Comme on peut s'y attendre, le moyen de transport le plus courant ici est le deux-roues, sous toutes ses formes. Deuxièmement, et c'est peut-être le plus important, on y trouve sans doute plus de motos customisées par habitant que partout ailleurs dans le monde. Peu après l'ouverture du temple, les Balinais se sont passionnés pour la personnalisation de motos. Ils étaient comme des poissons dans l'eau. Cela leur a offert une nouvelle forme d'expression personnelle. Rien n'était excessif, ni même dangereux, car ils modifiaient et transformaient leurs motos avec audace. Cette capacité de personnalisation ne se limite pas aux motos classiques. Ils modifient tout ce qui a deux roues. Dimanche dernier, une foule de ces messieurs et dames, vêtus de leurs plus beaux atours malgré la chaleur tropicale, se sont retrouvés devant un bar de plage pour s'inscrire et partir en peloton. Certes, quelques motos présentes dimanche n'auraient pas passé le contrôle technique habituel ailleurs dans le monde, mais bon… C'est Bali, avec son approche décontractée et inclusive de tout ! L'ambiance était détendue et souriante dès le départ. Idem pour le code vestimentaire. N'oublions pas que short et t-shirt sont de rigueur ici, donc tout ce qui dépasse… De l'extérieur, l'allure n'était peut-être pas des plus élégantes, mais cela montrait clairement un effort. Le parking débordait sur la rue à l'approche des collines. Et par collines, j'entends les rizières en terrasses de Jatiluwih. Une vallée nichée sur les flancs du Gunung Batukaru, la deuxième plus haute montagne de Bali. Ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO est un endroit d'une beauté à couper le souffle, où le charme d'antan côtoie une industrie touristique débridée, amenant les touristes en bus pour admirer les rizières en terrasses photogéniques qui dévalent ses douces pentes fertiles. Le trajet à travers la circulation chaotique habituelle de Bali fut un pur bonheur en compagnie de nos nouveaux meilleurs amis. En quittant la ville, le trafic se fluidifia et nous pûmes enfin accélérer. Tel un convoi imposant, nous nous faufilions entre les voitures ralenties, tels une armée lancée à l'assaut. Une heure et demie plus tard, nous étions installés à la terrasse d'un restaurant, un verre d'eau ou une bière à la main, contemplant l'un des plus beaux panoramas de Bali. L'air est plus frais en montagne et, bien que la plupart d'entre nous soyons surhabillés, nous étions les bienvenus. Le temps passa à une vitesse folle tandis que chacun prenait un verre et se plongeait dans un festin de discussions, de rires et de convivialité, au sein d'une bande de joyeux lurons. L'atmosphère mystique de cette île s'imprégnait et les hommes parlaient ouvertement et librement. Pas forcément des sujets du jour, certes, mais il y avait un véritable brassage de cultures et d'idées. Nous sommes retournés lentement à nos motos, à regret. En groupe, nous avons trouvé nos montures et enfourché nos vélos. Il y a eu quelques bousculades pour reprendre notre formation initiale, puis nous sommes repartis. La descente vers la côte est devenue de plus en plus chaude à mesure que nous avancions. La circulation s'est densifiée progressivement jusqu'à ce que nous soyons pris dans un tourbillon de conducteurs du dimanche. Juste au moment où la chaleur devenait insupportable, nous sommes arrivés à destination : le Deus Temple. Le parking principal débordait de motos customisées. La cour arrière du temple s'est remplie de monde, les gens bavardant tandis que les saucisses grésillaient et se mêlaient les uns aux autres. Texte : Ano Photos : Harry Mark Ano